Du 20 au 29 juin vont se tenir les élections des représentants étudiants au CNESER (conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche). 11 étudiants vont être élus afin de représenter les étudiants des établissements publics d’enseignements supérieurs (universités et grandes écoles publiques). Ces élections revêtent une importance capitale notamment parce qu’elles permettent d’établir la représentativité des organisations étudiantes au niveau national.
Le corps électoral pour ce scrutin est composé de l’intégralité des élus étudiants au sein des conseils centraux des universités (Conseil d’administration, Conseil des Études et de la Vie Universitaire et Conseil Scientifique) et des grands établissements, soit 2633 élus.
Depuis 2007 et la promulgation de la loi LRU, le nombre d’élus étudiants au sein du conseil d’administration de chaque université a été réduit entrainant une baisse du corps électoral du CNESER étudiant. Cependant, afin de rééquilibrer le poids entre les élus étudiants dans les grands établissements et ceux des universités, il a été décidé de conférer le droit de vote au CNESER aux élus étudiants suppléants au conseil d’administration des universités.
Ce principe a été appliqué lors des élections au CNESER de 2008 et de 2010 et devait encore l’être lors du scrutin de ce mois de juin 2012. Le ministère avait d’ailleurs arrêté la liste électorale au 31 mai en prenant en compte cette spécificité. L’arrêté électoral précise qu’aucune modification de la liste électorale ne peut-être réalisée au-delà de cette date.
Cependant, lundi 4 juin, les organisations étudiantes candidates au CNESER ont été informées en fin d’après-midi qu’une réunion de la commission électorale extraordinaire était convoquée mardi 5 juin, à la première heure, afin de procéder à la radiation de la liste électorale des élus suppléants au conseil d’administration.
Cette annonce, effectuée sans aucune consultation préalable des organisations étudiantes et alors même que le processus électoral était bien engagé (liste électorale modifiée et close, envoi du matériel de vote aux établissements, calendrier arrêté…), va priver plus de 350 étudiants de leur droit de vote au CNESER et redistribue totalement les cartes du scrutin qui approche.
Cette manœuvre politicienne est un coup rude porté aux étudiants des universités qui voient le poids de leurs représentants encore diminué par rapport à ceux d’un Grand établissement (en moyenne : un seul grand électeur à l’université pour 825 étudiants, contre un pour 325 dans un grand établissement).
L’UNI-MET demande au ministre de se conformer aux principes actuels régissant les élections des représentants étudiants au CNESER et l’encourage à ne pas entraver le processus électoral en cours.
L’UNI-MET considère qu’une éventuelle réflexion sur les étudiants appelés à voter au CNESER peut être nécessaire (suppléants au CA, élus au conseil scientifique…) mais celle-ci ne peut en aucun cas être menée en catimini et alors que le processus électoral est largement engagé.
Enfin, l’UNI-MET enjoint le nouveau ministre Fioraso à ne pas déjà sombrer dans les manœuvres « politico-politiciennes » pouvant nuire à la sincérité du scrutin, à la représentativité et la légitimité des élus étudiants. Si le ministère décidait de passer en force en modifiant la liste électorale, l’UNI-MET envisagerait un recours administratif.





